Alors que la tension monte au Vietnam, le Parlement européen condamne la répression à Bat Nha et appelle à la fin de toute persécution et de tout harcèlement auprès des bouddhistes

Lors d’une séance plénière jeudi 26 novembre, le Parlement européen a voté en grande majorité une résolution condamnant la violence contre les moines et moniales de Bat Nha, et appelant le Vietnam à « cesser toutes formes de répression contre ceux qui exercent leurs droits à la liberté d’expression, la liberté de croyance et de religion et la liberté de réunion, conformément aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et à la Constitution du Viêt Nam ; demande au gouvernement vietnamien de respecter ses obligations internationales, ce qui implique la reconnaissance de toutes les communautés religieuses et de la liberté de pratique religieuse ».
Heidi Hautala, Présidente du sous-comité des Droits de l’Homme du Parlement, a dit lors de la session plénière jeudi que les récents événements étaient « extrêmement préoccupants », et a annoncé que le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies avait demandé à ce qu’un Rapporteur Spécial des Nations-Unies soit envoyé au Vietnam pour examiner la situation.
La résolution demande formellement « qu’il soit mis un terme à tous actes de persécution et de harcèlement », et appelle explicitement à ce « que les moines et les nonnes soient autorisés à pratiquer le bouddhisme selon la tradition de la communauté du bonze bouddhiste Thich Nhat Hanh à Bat Nha et ailleurs ».
La résolution exige également qu’une clause contraignante et sans ambiguité sur les Droits de l’Homme et la démocratie soient incluse dans les négociations actuelles sur le nouvel accord de partenariat et de coopération avec le Viêt Nam
Karel de Gucht, Commissaire européen pour le Développement, a reconnu publiquement lors du débat “des signes récents concernant une attitude plus rude du gouvernement du Vietnam par rapport aux Droits de l’Homme”, et a dit que les “tensions avec les groupes religieux, tells que la communauté bouddhiste paisible au monastère Bat Nha, engendre une inquietude tout à fait légimite en Europe”. Il appelle le Vietnam à honorer ses engagements envers les Droits de l’Homme internationaux. Le Commissaire a néanmoins exprimé sa confiance dans le dialogue et la coopération entre l’Europe et le Vietnam : « Nous croyons en un engagement bénéfique mutuellement », a-t-il dit, mais pour que cet engagement bénéfique reste possible à long terme, « le dialogue et la coopération doivent montrer des résultats tangibles. Seule la propre performance du Vietnam permettra de montrer que le dialogue est la meilleure option. »
CONTACT:
Heidi Hautala MPE, Présidente du Comité des Droits de l’Homme du Parlement européen, et co-auteure de la résolution: +32 2 284 9374 or +32 49 10 86 180
Cristina Gallach, Porte-parole de M Javier Solana, Haut Représentant de l’UE pour les Affaires Etrangères: +32 2 285 6467 / 8239 / 5150 / 5151
Elaine Pearson, Human Rights Watch, Asia Division, àNew York: +1 212 216 1213 or + 1 646 291 7169 (portable)
Help Bat Nha contact média: (portable en France) +33 6.48.92.25.38 (peut fournir des contacts directs au Vietnam)
Le site internet du Parlement européen met à disposition le texte complet de la résolution votée concernant le Laos et le Vietnam (P7_TA-PROV(2009)0104)
[extraits de la résolution concernant la situation des Frères et Sœurs de Bat Nha]
C. considérant que le 27 septembre 2009, des centaines de jeunes moines bouddhistes du monastère de Bat Nha ont été violemment attaqués et battus et que leur monastère a été vandalisé tandis que les autorités gouvernementales et la police ont ignoré leur appel à l’aide ; que d’autres moines, qui avaient trouvé refuge dans le temple de Phuoc Hue, ont été agressés physiquement et persécutés par les forces de police ; qu’ils risquent d’être expulsés par le gouvernement au motif qu’ils occupaient le monastère de Bat Nha sans autorisation ni enregistrement préalable,
D. considérant que d’après de nombreuses personnes, l’attaque du monastère serait liée à la proposition en 10 points pour des réformes religieuses présentée en 2007 par Thich Nhat Hanh à Nguyen Minh Triet, Président du Viêt Nam,
E. considérant que tous les groupes religieux doivent être autorisés par le gouvernement et supervisés par des comités de gestion désignés par ce dernier et que de nombreuses organisations religieuses, en souhaitant préserver leur indépendance à l’égard du gouvernement, s’exposent au bannissement et à la persécution de leurs membres,
[extraits des recommendations du Parlement envers le Vietnam]
1. demande instamment au gouvernement de cesser toutes formes de répression contre ceux qui exercent leurs droits à la liberté d’expression, la liberté de croyance et de religion et la liberté de réunion, conformément aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et à la Constitution du Viêt Nam ; demande au gouvernement vietnamien de respecter ses obligations internationales, ce qui implique la reconnaissance de toutes les communautés religieuses et de la liberté de pratique religieuse ainsi que la restitution des biens saisis arbitrairement par l’État et appartenant à l’Église bouddhique unifiée du Viêt Nam, à l’Église catholique et à toutes les autres communautés religieuses ;
2. condamne l’expulsion violente signalée de plus de 150 moines et nonnes des monastères et considère que la situation de plus en plus tendue à la suite de ces actions contre la communauté bouddhiste pacifique est en contradiction flagrante avec les engagements qui ont été pris de respecter les normes acceptées au niveau international en matière de liberté de religion, en particulier dans le cas des personnes qui tentent d’exercer leurs droits, que le gouvernement de la République socialiste du Viêt Nam s’est engagé à observer en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations Unies et futur président de l’ANASE ;
3. demande à la Commission et au Conseil d’inclure, dans le cadre des négociations en cours sur le nouvel accord de partenariat et de coopération avec le Viêt Nam, une clause contraignante et sans ambiguïté sur les droits de l’homme et la démocratie, ainsi qu’un mécanisme permettant sa mise en œuvre, afin de mettre un terme au non-respect systématique de la démocratie et des droits de l’homme ;
4. demande qu’il soit mis un terme à tous actes de persécution et de harcèlement et que les moines et les nonnes soient autorisés à pratiquer le bouddhisme selon la tradition de la communauté du bonze bouddhiste Thich Nhat Hanh à Bat Nha et ailleurs
7. invite le gouvernement du Viêt Nam, compte tenu du rôle de ce pays en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies, à adresser des invitations permanentes aux rapporteurs spéciaux des Nations unies, en particulier ceux chargés des questions relatives à la liberté d’expression, à la liberté de religion, à la torture, aux défenseurs des droits de l’homme et à la violence contre les femmes, ainsi qu’au groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire